Vers libres

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    La ville semblait toujours la même

    À Knokke-le-Zoute, à la fin de l’été 1996, le narrateur parcourt une ville dont les façades neuves semblent défier le temps. Une ruine rompt pourtant cette permanence. L’ancienne piscine communale et son tea-room, condamnés à disparaître. Entre mobilier dépareillé, chansons flamandes et souvenirs d’enfance, le lieu devient la faille visible d’une cité qui ne cesse de détruire et de reconstruire son passé, tout en donnant l’illusion de demeurer toujours la même.

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    La nuit des lapins

    La nuit des lapins transpose le récit de chevalerie dans une fuite nocturne de Bruxelles vers la mer. Un jeune homme traverse la ville pour rejoindre celle qu’il aime, puis tous deux prennent la route d’Ostende, portés par la nuit, la vitesse et une chanson obsédante. Sur l’autoroute, des centaines de lapins surgissent et font basculer le voyage dans le réalisme magique. Mais aucun Graal ne les attend. Le jour se lève, le réel reprend ses droits et les sortilèges se dissipent.

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    Automne à Genève

    « Automne à Genève » restitue par éclats l’arrivée précipitée d’un jeune homme dans la Genève froide et pluvieuse des années quatre-vingt. Craignant d’avoir manqué celle qu’il cherche, il la retrouve enfin au bar des Bergues. Seule à une table, les cheveux mouillés, elle l’attend. Le souvenir de cette scène révèle ce que l’urgence de ses vingt ans l’empêchait alors de voir.

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    Sphère brûlante

    « Sphère brûlante » retrace les voyages d’affaires qui menaient le narrateur de Bruxelles à Paris, au prix de trains pris à l’aube, de rendez-vous enchaînés, d’hôtels successifs et d’un corps poussé jusqu’à la douleur. Dans cette existence soumise au travail, une présence demeurait à ses côtés, jusque dans les théâtres, les dîners tardifs et les chambres anonymes.

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    Étoile de la Mer

    Souvenir d’un homme exilé, âpre au travail, marqué par la guerre et les blessures de l’histoire. À travers le regard de l’enfance se dessine une présence chaleureuse, fraternelle, humble, protectrice et courageuse. La mémoire personnelle rejoint ici le destin des hommes déplacés, les fidélités discrètes et les alliances qui naissent entre des êtres séparés par l’âge, l’origine et les circonstances.

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    Le canal de Wielingen

    Une marche solitaire sur la côte flamande, au cœur d’un hiver déserté par les promeneurs. Entre plages vides, ciel de plomb, crachin et banalité des immeubles alignés en front de mer, le narrateur trouve, dans l’inanité grise de Knokke-le-Zoute, une forme de calme, de certitude et de réassurance. Ce vide, par son inertie même, laisse affleurer une assise paisible de l’être.

  • Nuit de fuite à Potsdam

    Dans la nuit, un train quitte Berlin et traverse, sous la tempête, la Saxe-Anhalt, la Thuringe et la Hesse en direction de Francfort. Épuisé, le narrateur tente de dormir dans un wagon-lit, mais le voyage ravive sa dernière journée à Potsdam et sur les rives du Wannsee. Une main longtemps gardée dans la sienne, un visage qui s’efface, un cheveu clair. Cette fuite ferroviaire devient le récit d’une séparation que le temps achèvera de dissoudre.

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    Genève, les oiseaux

    Dans une Genève hivernale, un homme parcourt les lieux d’anciens rendez-vous et attend une femme qui ne vient pas. Le rêve le transporte à Ixelles, dans des rues familières et des appartements devenus étranges. Entre ces deux villes, les souvenirs d’une relation se mêlent à une colère impuissante. Les oiseaux accompagnent cette recherche. Cette transcription onirique fait éprouver le décalage entre des lieux encore intacts et une histoire dont le narrateur ne retrouve plus que les traces.

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    Syncope

    Un homme monte les marches d’un palais de justice pour y déposer des comptes et des procès-verbaux. Cette démarche engage le sort de son entreprise. Épuisé, il traverse des lieux qui lui paraissent hostiles, jusqu’au guichet du greffe. En vers libres, le texte évoque l’angoisse d’un dirigeant confronté à une procédure qui bouleverse son existence. Sa fatigue et son isolement contrastent avec l’aisance presque joviale des professionnels appelés à examiner sa situation. Ce qui constitue leur quotidien représente pour lui un basculement.

  • Visa de métal

    À l’entrée de Berlin-Est, un homme et une femme attendent dans leur voiture. Sous les projecteurs, les gardes examinent les papiers, répètent leurs questions et fouillent les bagages. Le froid et la peur éprouvent leurs corps. Au-delà de la barrière, les façades grises et les slogans officiels composent le décor d’une ville sous surveillance. Dans la lumière grise du poste-frontière de Checkpoint Charlie, le froid, les fouilles et les regards des policiers de RDA chargent chaque geste d’inquiétude et d’épuisement.